Le ZOO Planckendael et sa fondation relâchent une nouvelle fois un jeune vautour moine en Bulgarie. En tant que coordinateur du programme européen de conservation des espèces (EEP) et détenteur du livre généalogique du vautour moine, le parc a réintroduit pour la quatrième fois cet impressionnant charognard dans la nature bulgare. Le jeune vautour moine mâle Aleksi, né au ZOO Planckendael, se voit offrir l’opportunité de contribuer à l’avenir de son espèce dans la nature.
Un élevage réussi qui soutient la restauration de la nature
Le vautour moine Aleksi a pu être relâché grâce au succès du programme européen de conservation des espèces (EEP) dédié aux vautours moines et coordonné par le ZOO Planckendael. Ce programme vise à constituer une population de réserve génétiquement saine dans les parcs animaliers, destinée à préserver l’espèce tout en permettant des réintroductions dans la nature. Ces 35 dernières années, une cinquantaine de vautours moines issus du programme EEP ont déjà été relâchés pour renforcer les populations sauvages en Europe.
« Une fois que le programme européen de conservation des espèces compte suffisamment d’oiseaux pour maintenir une population de réserve génétiquement saine, des jeunes peuvent être consacrés à des projets de réintroduction. Aleksi en est un bel exemple. Il a l’opportunité de contribuer à la restauration de la population sauvage en Bulgarie », explique Frédéric Verstappen, curateur des oiseaux du ZOO Planckendael.
Élever des vautours moines n’est pas une tâche aisée. Très sélectifs dans le choix de leur partenaire, ils disposent au ZOO Planckendael d'une volière matrimoniale dans laquelle ils peuvent opérer librement leur choix. Les couples compatibles sont ensuite transférés au Breeding Centre, le centre d'élevage installé hors de la vue du public. Et cela porte ses fruits : depuis 1996, 26 vautours moines y sont déjà nés. Aleksi est l’un d’eux.
De Malines à la Bulgarie
Relâcher un vautour moine dans la nature ne se résume pas à ouvrir une volière. Lorsqu’Aleksi a quitté la Belgique pour la Bulgarie, il avait environ trois mois. Avant son départ, il a été pucé et soumis à un examen médical. Les scientifiques du parc ont confirmé par analyse ADN qu’il s’agit d’un mâle. Ses données génétiques ont été ajoutées à la banque de données du programme européen de conservation des espèces.
En Bulgarie, Aleksi a d’abord séjourné quelques mois dans une volière d'acclimatation avec d'autres jeunes vautours moines. Cette étape leur permet de s’imprégner de leur nouvel environnement et d’y prendre leurs repères. Elle augmente leurs chances de s’installer dans la région, de trouver un partenaire et de se reproduire. Après cette période d'acclimatation, les oiseaux ont été relâchés. Grâce à un émetteur satellite, les chercheurs peuvent suivre les déplacements d’Aleksi avec précision.
Relier des territoires morcelés
D’une envergure de près de trois mètres, le vautour moine est l’un des plus grands oiseaux d’Europe. Pourtant son avenir reste menacé. L’espèce a connu un important déclin au siècle dernier, en raison des empoisonnements, de la perte de son habitat et des dérangements. Le vautour moine a jadis occupé un vaste territoire s’étendant de la péninsule ibérique aux Balkans et à une grande partie de l’Asie. Aujourd’hui, de nombreuses populations vivent isolées les unes des autres. Grâce aux réintroductions, les populations orientales et occidentales peuvent être à nouveau réunies, dans l’espoir de reconstituer une population durable et viable en Europe du Sud-Est.