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Le ZOO Planckendael réintroduit dans la nature des lérots menacés

Le petit rongeur au spectaculaire « masque de Zorro » retrouve un avenir en Flandre

La Royal Antwerp ZOO Foundation et son parc animalier, le ZOO Planckendael, réintroduisent pour la première fois dans la nature une trentaine de lérots menacés. Cette opération marque la première étape d’un projet de longue haleine mené avec l’Agence flamande de la Nature et des Forêts (Agentschap voor Natuur en Bos) visant à protéger et à réintroduire l’espèce en Flandre.

La Royal Antwerp ZOO Foundation et le ZOO Planckendael s’appuient sur des années d’expérience en matière de protection et de conservation d’espèces menacées : bonobos et vautours moines à l’étranger, vanneaux huppés en Belgique. Cette expertise est aujourd’hui mobilisée pour assurer un avenir au lérot.

Prise en charge des lérots

Les habitats favorables au lérot disparaissent et sont de plus en plus isolés les uns des autres. Pour éviter l’extinction des populations locales, le ZOO Planckendael met son expertise à profit afin d’accueillir les animaux et de les préparer à leur retour dans la nature. Pendant leur séjour au ZOO Planckendael, les lérots reçoivent les soins nécessaires et font l’objet d’un suivi vétérinaire. Leurs liens de parenté génétique sont également établis. Chaque étape les prépare ainsi à leur retour dans la nature. Le grand moment est arrivé : un premier groupe peut être relâché.

« Nous nous sommes occupés de ces animaux chaque jour pendant des mois. Nous avons appris à connaître leur comportement et vu les petits grandir. Voir aujourd’hui un premier groupe renouer avec la nature est un moment très particulier. C’est un tout nouveau chapitre qui commence pour eux », explique Charlotte, soigneuse au ZOO Planckendael.

Une espèce remarquable… rarement observée

Avec son « masque de Zorro » noir autour des yeux et sa longue queue touffue, le lérot est particulièrement distinctif. Pourtant, rares sont ceux qui ont la chance de l’apercevoir. Ce petit mammifère est surtout actif la nuit et reste généralement caché pendant la journée. En Flandre, le lérot est menacé et sa population diminue d’année en année. Son déclin est principalement dû à la disparition et à la fragmentation de son habitat.

« Pour un lérot, la disparition d’une simple portion de haie peut suffire à rompre la connexion entre deux habitats », explique Hans Vermeiren, écologiste chez CORRIDOR. « C’est pourquoi nous ne nous intéressons pas seulement aux animaux eux-mêmes, mais aussi à leur habitat et aux connexions dont ils ont besoin. » Le lérot est par ailleurs un maillon discret, mais important de l’écosystème : il se nourrit notamment d’insectes, contribue à la dissémination des graines et sert lui-même de proie à d’autres animaux.

Un retour à la nature avec leur nichoir

Le calendrier de cette réintroduction ne doit rien au hasard : ce premier groupe est relâché avant l’hibernation, afin que les animaux puissent passer celle-ci dans leur habitat naturel. Les lérots recherchent naturellement des abris en hauteur, par exemple dans les cavités des arbres. Pour leur transfert, ils n’ont donc pas à quitter leur abri habituel : ils rejoignent la forêt avec leur nichoir, qui restera installé sur place.

Le suivi se poursuit après la réintroduction. Grâce à leur puce électronique individuelle, l’équipe peut identifier les animaux à nouveau détectés. Les observations sur le terrain et les traces relevées permettent de suivre leur installation dans leur nouvel habitat. « Une telle réintroduction nécessite de réunir de nombreuses compétences », explique Wouter Huygens, garde forestier à l’Agence flamande de la Nature et des Forêts. « Nous veillons à la qualité de l’habitat, le ZOO Planckendael apporte son expertise en génétique et en conservation des espèces, et CORRIDOR connaît parfaitement l’écologie du lérot. C’est précisément cette combinaison de savoir-faire qui rend une telle réintroduction possible. »

Une trentaine d’individus pour commencer

« Relâcher un seul groupe de lérots ne suffira évidemment pas », souligne Ben, coordinateur des soins animaliers au ZOO Planckendael. « À long terme, nous voulons contribuer au développement de populations viables, capables de se maintenir par elles-mêmes, afin que le lérot ne disparaisse pas de Flandre. »

Outre la qualité de l’habitat, la diversité génétique joue donc un rôle essentiel. Les liens de parenté entre les animaux sont établis et pris en compte dans les futurs relâchers ainsi que dans la poursuite du programme de conservation de l’espèce. Les lérots accueillis au ZOO Planckendael permettent d’acquérir de précieuses connaissances, notamment sur leurs chances de survie pendant l’hiver.